Il était une fois

une petite fille née au JAPON. Bien qu’elle fût japonaise, elle disait toujours :
" je suis française "

Quoi?

Exposition : Regards sur le Japon | Invitation aux créateurs de mode

du 16 octobre 2008 au 19 janvier 2009

Musée d’Art et d’Industrie

2, place Louis Comte / 42026 Saint-Étienne cedex 1

« Regards sur le Japon » était une invitation par le Musée d’Art et d’Industrie de Saint- Étienne Aux jeunes créateurs japonais dont plusieurs formés à la grande institution de mode Bunka à Tokyo. Cette exposition nous présentait l’évolution dans le domaine de la mode à partir d’une présentation de pièces traditionnelles comme le kimono, jusqu’aux vêtements actuels, une sélection de modèles des créateurs Yohji Yamamoto, Issey Miyake et Kenzo. Étaient peoposés également plusieurs regards sur les modes contemporaines insufflées par Atuko Kojima, Yoshiko Kono,Reiko Kozaki Méry, Kyoko Murayama, Rika Ohwada, Seirichiro Shimamura de 0044 Paris, Mari Takahashi, Keito Watanabe, Oka Masako, tous créateurs d’origine japonaise et la société Japon Fashion.

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Qui?

Reiko Kozaki Méry, styliste de costume, étalagiste, infographiste, est arrivée en France en 2004. Elle a le plaisir de vous présenter OHINASAMA chez Koko – C’est-à-dire « la fête des jeunes filles » à la mode « Koko.» Koko, c’est le surnom que lui donnent les français. C’est l’histoire d’une petite fille japonaise qui était folle de « France Caramel, » la marque de caramel très populaire au Japon dans son enfance.
Une première étape de son parcours professionnel s'est faite au Japon, où après des études d'arts à L'université Musashino de Tokyo, elle a travaillé pendant 9 ans comme styliste à la création de motifs chez un fabricant de cravates pour le prêt à porter homme haut de gamme (Jean-Paul Gaultier, Krizia, Zandra Rhodes, Apex, Color Color, Zazou…)
En 1992, Reiko part s'installer à NY, où elle reprend des études d'abord de design d'espace - merchandising à L'université Fashion Institute Technologie, puis elle y suit un courses pour la création de costumes pour la mode et le théâtre.
Parallèlement, elle travaille comme graphiste/designer pour l'agencement de boutiques et la création de mobilier de présentation / accessoires de vitrines. Elle conçoit et réalise également les costumes de scènes pour plusieurs compagnies de danse et tisse une collaboration régulière avec la chorégraphe Amy Sue Rosen, récompense: The Bessies. .

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Mes œuvres

«  Pourquoi tu présentes ton Ohinasama japonaise avec Barbie, qui est symbolique des Etats-Unis?  », m’a demandé une amie française.
C’est une excellente question.
L’image que les français ont du Japon est différente de celle que j’ai de mon pays natal. Oubliez les Samurai, le Fuji-Yama, Le kimono. Oubliez Sony, Honda, Kawasaki. L’image que j’ai de mon pays natal est plus nuancée. On pouvait voir ma ville dans le BD, Gen d’hiroshima. Kensi Nakazawa a très bien dessiné le quartier de Showa. Depuis ma naissance, je dors dans un vrai lit et je m’assieds sur des chaises. Le Tatami et le Futon, oui, je les ai fréquentés, mais chez ma grand-mère. C’est pour cela que l’on parle de la culture de Showa comme de la culture japonaise modernisée. C’est-à-dire la culture mixte, située quelque part entre le Japon et l’Occident.
Après la deuxième guerre mondiale, les japonais acceptèrent la culture occidentale avec joie. Mes parents étaient fous d’objets occidentaux. Tous les dimanches mon père nettoyait sa voiture, une « Carora », devant le petit magasin-tabac de ma grande mère pour la montrer à ses voisins. Il y avait des petits magasins sur 7-10 kilomètres, côte à côte, dont mon tabac, puis les épiceries, les boulangeries, les librairies, les restaurants de soba ou de okonomiyaki, les coiffeurs, les horlogers, les magasins de sake et les cafés. Quand j’étais petite, tous les matins, on commençait par se dire bonjour dans la rue. La petite Reiko sur les genoux de sa grand-mère disait bonjour à tous les gens qui passaient devant le tabac. Dans la rue, il y avait des voisins qui allaient au travail, des clients qui achetaient des cigarettes, et des autres vendeurs qui nettoyaient le trottoir devant leurs magasins.
La dame de l’épicerie bavardait avec ma grand-mère tous les matins au moment du nettoyage. Elle lui donnait les meilleurs légumes du jour. Le chien de la boulangerie venait dans mon tabac pour dire bonjour. Quand il y avait moins de clients les après-midi, ma grand-mère et moi, nous faisions les courses dans le quartier, et mon grand-père lisait des journaux au soleil devant le magasin. Le quartier était vivant et amusant. Peut-être, moi je suis un des bons symboles de la culture Shouwa après la deuxième guerre mondiale.
Malheureusement les villes dans le style de Shouwa ont été détruites. À cause de la concurrence des supermarchés, tous les petits magasins ont disparu. Maintenant dans mon quartier il y a tant de voitures qui passent et tant de bruit que plus personne ne marche dans la rue. Le quartier de mon enfance est mort. Une culture est morte.
«  Pourquoi tu présentes ton Ohinasama japonaise avec Barbie qui est, le symbole des Etats-Unis?  »
En fait j’utilise Barbie pour ma présentation parce qu’elle est comme moi. Elle avait été fabriquée au Japon. Le premier produit, Barbie, était une copie d'une poupée allemande fabriquée au Japon. Barbie est en fait de culture mixte. Son histoire est un peu la mienne. Pour moi, le quartier de mon enfance, c’est ma base de culture japonaise. Je suis « mélimélo » depuis ma naissance. Oubliez les Samurai, le Fuji-Yama, Le kimono, Sony, les Manga, et le Zen. Je suis française made in Japon comme Barbie.

Contact : Reiko Kozaki Méry

12 rue des marchands 30000 Nîmes France | +33(0)6 42 83 01 37

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